Français, Montalcino, Tuscany
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Etrange atmosphère à Montalcino : le BrunelloGate

imageM3Ah la Toscane, ses villes d’art, ses collines peuplées d’oliviers, de vignobles ou couvertes de blé, ses villages moyenâgeux, sa douceur de vivre et sa lumière qui a inspiré bien des artistes… est aujourd’hui aux prises de disputes, coups bas et défis.

Tout a commencé quand le Consortium du Brunello di Montalcino a pris en considération la proposition d’inclure dans le cahier des charges d’autres variétés de raisin autres que le Sangiovese pour produire leur grand vin. Bien que cette proposition ait été classée sans suite, une lettre anonyme a fait surface accusant quelques uns des producteurs de Brunello d’en utiliser déjà, créant ainsi beaucoup d’animosité parmi les membres du Consortium et sonnant la cloche d’un début d’enquête par les autorités.

imageMUn autre terrible coup de massue a été la perte de l’un des ambassadeurs les plus loyaux du Brunello (et de sa composition traditionnelle 100% Sangiovese)  le légendaire Franco Biondi Santi qui s’est éteint récemment à l’âge de 91 ans. Durant toute sa vie il a produit du vin comme son « grand père » le faisait et il en était très fier, il a d’ailleurs toujours milité et usé de son influence afin que le Sangiovese ne soit jamais détrôné. Sa disparition a été très ressentie par tous ceux qui croient à un Brunello traditionnel.

imageM2Comme si tout ça ne suffisait pas, il y a aussi eut l’étrange cas de M. Gianfranco Soldera, le propriétaire du domaine Case Basse : un ex employé qui n’avait pas aimé la façon dont il avait été traité, s’est introduit en douce une nuit dans les chais du domaine et a détruit 60 000 litres de vin en ouvrant tout simplement les vannes des cuves. La quasi-totalité de la production des millésimes 2007 et 2012 a été perdue. Quand on sait que la bouteille de ce domaine est vendue à plus de 100€ (200$ sur le marché américain), ont peut imaginer le manque à gagner pour M. Soldera qui a toute fois pu conter sur la prime d’assurance pour éponger ce désastre.

indexDe plus, le Consortium a proposé de lui offrir du vin, sorte de vin de la « solidarité » à embouteiller, bien évidemment, avec une étiquette différente de celle du domaine Case Basse, chose que M. Soldera a refusée. Pire, quelques temps plus tard il a fait une déclaration à la presse qui n’a pas du tout été appréciée par les membres du Consortium qui maintenant le poursuivent en justice pour diffamation. Il a déclaré que ce « don » était « offensif et inadmissible, une fraude pour les consommateurs ».

Le Président du Consortium, M. Fabrizio Bindocci, s’est exprimé à ce sujet en déclarant que la décision d’aller en justice était soutenue par les producteurs de Brunello qui « souhaitent prendre une mesure forte contre quelqu’un qui sali la réputation et le travail de tous ».  M. Soldera a aussi été expulsé du Consortium. Ses membres, qui au tout début de l’affaire avaient été remerciés par M. Soldera pour ce geste solidaire, se sentent trahis et pensent sérieusement qu’il a endommagé l’image de tout le territoire du Brunello, l’un des terroirs de l’excellence italienne.

Le mystère s’est encore épaissit quand on l’a apprit que 350 hl de son vin étaient réapparus, le miracle de la multiplication des pains et des poissons ! Et voilà que ça fuse de tous les cotés : cet acte terroriste aurait été mandaté par les autres producteurs de Brunello jaloux? Le vin offert par le Consortium aurait une origine douteuse? Le Consortium ne s’investirait pas assez dans les contrôles sur l’origine du Sangiovese ? ….uhlàlà, que de spéculations.

sherlockSi j’avais du talent, je ressusciterais Sherlock Holmes pour enquêter sur cet « étrange » cas grâce à l’amour du détail et aux explications méticuleuses du personnage. Je pourrais vraiment  me baser sur des faits réels de la saga Holmes, quand il arriva en Italie après avoir été cru mort avec son ennemi de toujours le perfide Moriarty ; voilà qu’afféré à reconstruire la cellule des services secrets de Sa Majesté en Italie, il pourrait tomber sur ce cas aux contours  nébuleux….

Pour mettre fin à toutes ces rumeurs rappelons que le Consortium a investi plus de 150 000€ auprès du plus important centre de recherches œnologiques italien (San Michele all’Adige) afin de s’assurer une méthode de contrôle sur la pureté du Sangiovese, méthode qui sera présentée et débattue le 24 mai afin de mettre le mot “fin” sur le BrunelloGate : profil des anthocyanes, deux types de test ADN, méthode des isotopes stables… Tout sera mis en œuvre afin de ne pas retomber dans le blocus des achats de la part des marchés étrangers (et en particulier de celui américain qui demande un produit du terroir, composé uniquement à base de grappes de ce Sangiovese de Montalcino aux grains gros); la méthode qui sera choisie devra être capable de garantir cela et faire taire définitivement cette histoire de blend Sangiovese + Merlot.

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