Bordeaux, Français, Primeurs
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Alcool libre !

« L’ère des vins qui titrent à 15% est définitivement révolue. C’est le moment des vins légers et frais ».

Voici ce qu’a déclaré Jancis Robinson à propos des primeurs bordelais 2016 (source Financial Times).

Plus les vignes chauffent sous l’effet des changements climatiques favorisant ainsi l’augmentation du degré alcoolique, plus le palais collectif cherche un peu de répit en choisissant des vins rafraichissants et regarde avec méfiance à ceux qui incarnent la chaleur solaire. C’est l’une des lois du mouvement dévoilée par Newton : l’action est toujours égale à la réaction.

Bordeaux a donc dû apprendre en moins d’une génération à produire des vins différemment. Avant on enlevait les feuilles pour donner libre cours aux bienfaits des rayons solaires, maintenant le risque de “cuisson” des grappes est trop élevé. Cette prise de conscience a abouti à un tournant dans la production bordelaise. Jancis la synthétise ainsi : « On augmente les rendements afin de retarder la maturité et atteindre ainsi l’équilibre. Aujourd’hui les rendements se fixent naturellement autour des 45hl/ht ». D’ailleurs plus personne à Bordeaux ne se vante de ses faibles rendements….

Et voilà, à la dégustation, le millésime 2016 s’est révélé plus frais, plus léger et plus précis. Ce changement de perspective a été favorisé aussi grâce à la météo : une longue période de sécheresse entre juin et septembre 2016 qui a ralenti la maturation des raisins.

Bordeaux démontre ainsi au monde viticole que la hausse du degré alcoolique n’est pas une chose inéluctable, qu’il est possible d’intervenir afin d’en stopper l’élan, car la concentration excessive peut être un frein à l’élégance et rendre ainsi le vin grossier.

Mais le parti des défenseurs de la légitimité d’un alcool élevé est tout sauf en déclin. La première faction du parti de l’alcool libre soutient que si la vendange a eu lieu au bon moment et qu’aucune erreur n’a ensuite été commise, les vins avec un degré alcoolique très haut, ne perdent pas de leur équilibre. La deuxième faction veut que, pour réduire le taux d’alcool, il faut utiliser toute une série d’instruments technologiques de laboratoire qui se battent avec le principe même de l’authenticité.

Et cela se tient au fond, si la terre est plus chaude, le vin ne pourra que transmettre cette sensation de chaleur. Mais voilà, il est impossible aujourd’hui d’ignorer le tournant qu’a pris Bordeaux en 2016 et d’ailleurs cela se ressent également sur les ventes. Point d’orgue d’une trilogie bordelaise de grande qualité, la campagne primeur 2016 suscite l’enthousiasme des marchés avec une nette augmentation du chiffre d’affaire comparé à de belles campagnes comme 2015 ou 2009.

Le record du millésime 2000 est proche avec des performances solides sur le marché français et hors-France qui progressent fortement notamment en UK grâce à l’effet du Brexit. « Sur les primeurs 2015 l’Angleterre représentait 4,5% de notre chiffre d’affaire. Sur les primeurs 2016, l’Angleterre représente 16 à 17% de notre chiffre d’affaire, l’Angleterre est devenu le 3e pays sur lequel nous vendons le plus de primeurs 2016 » extrait de l’interview de M. Fabrice Bernard PDG de Millésima donnée au Blog France 3 Régions par Jean Pierre STAHL durant Vinexpo et parue le 21 Juin.

Tous les crédits photos @Millésima et le talentueux @E. Garnaud

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