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La Tasmania, il prossimo paradiso del vino

Atterrare a Hobart durante l’autunno australe appena cominciato significa esporsi a raffiche di vento che mettono a dura prova i nervi dei piloti e passeggeri.

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Una volta toccata terra, si scopre pero’ un « piccolo » paradiso dove tanti viticoltori si stanno trasferendo dalla madre patria Australia dove l’industria del vino stagna, mentre qui é in via di sviluppo. Quest’isola di 68.400 km2, ovvero 3 volte la Sardegna, é preservata rispetto al resto del paese che subisce siccità, incendi, cambiamenti climatici e precipitazioni record.

Si contano più di 160 « vignerons » che, sull’isola, occupano per ora solo 1900 ettari, una parte microscopica delle terre agricole disponibili la cui economia si basa sull’allevamento di mucche e pecore, la produzione di mele, fragole, pere ed anche di qualche bel oliveto… Qui la vite ha trovato il suo spazio, già subito ad Hobart, dove il primo vigneto di pinot noir piantato 30 anni fa’ abbraccia il museo di arte contemporanea. Questo vitigno rappresenta 1/3 della produzione della Tasmania ed una rivalità sta nascendo con la vicina Nuova Zelanda che lavora sulla stessa latitudine ed il cui successo, in particolare quello dei vini del Central Otago, fa’ sognare i produttori tasmaniani. Dopo il pinot noir, é lo chardonnay ad occupare un rango di vite su 5. Queste due varietà servono anche alla produzione degli sparkling che rappresentano la metà dei vini prodotti in Tasmania.

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Rispetto al resto dell’Australia, qui la shiraz é piuttosto discreta, cosa che non le vieta assolutamente di essere eccellente, in particolare quella di Glaetzer-Dixon. Come vi dicevo, gran parte dell’uva prodotta é pero’ destinata alla realizzazione di vini spumanti che qui, come altrove, ottengono sempre un certo successo.

I vini « locali » esprimono quasi sempre una grande freschezza, in conformità a cio’ che oramai si aspettano i consumatori.

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Nel futuro, la grande sfida riguarderà l’evoluzione dei volumi prodotti. Oggi, i vini tasmaniani rappresentano solo lo 0.5% della produzione australiana e 70% di questi vini sono consumati in loco. Prendete come esempio il pinot noir piu’ venduto in Australia, ovvero quello tasmaniano di Tamar Ridge. Con l’insediamento d’indipendenti tipo Treasury Wine Estate* o Brown Bros che stanno già investendo e con l’arrivo di belgi e cinesi previsti nei prossimi mesi, bisognerà davvero tener d’occhio questa regione dove si producono già cru di grande qualità. Il riscaldamento globale potrebbe accelerarne lo sviluppo.

*Il gruppo australiano Treasury Wine Estates é proprietario di Penfolds dal 2011. I vigneti storici si trovano nella Barossa Valley a Magill Estate o a Kalimna Vineyard, oramai circondati dalla periferia chic di Adelaide, ma da qualche anno si stanno sviluppando anche in Tasmania, dove la terra é più fresca.

Penfolds, le grand sorcier vigneron et la vallée magique de Barossa

barossa-valley-map-south-australiaPetite intro juste pour nous situer. Je me trouve en ce moment dans le sud de l’Australie, à 75 km de la ville d’Adelaide dans une vallée colonisée par des immigrants éuropéens en 1842 et qui, aujourd’hui, compte plus de 150 domaines viticoles et 70 caves avec une large production : Shiraz (le top), Chardonnay, mais aussi Riesling, Sémillon, Cabernet Sauvignon, Fiano, Montepulciano et j’en passe, une impressionnante palette de vins influencée par l’incroyable variété des microclimats de la région.

La meilleure période pour profiter du patrimoine oenologique de la Barossa Valley est certainement celle-ci (tout début du mois de mars) pendant que toutes les caves se préparent à vendenger. Toutes sont ouvertes au public 7j/7 de 9h à 17h et proposent des “stages” pour ceux qui comme moi, poussés par la passion du vin, ont envie d’interagir avec les petites réalités familiales, un tapis de petits villages et vignobles qui se déploie à perte de vue depuis les collines qui entourent la ville, les Adelaide Hills, un panorama à vous couper le souffle.

Mais une fois arrivés dans la Barossa, impossible de passer à coté du premier vignoble “commercial” du pays, Jacob’s Creek, le fait est qu’il faut pousser votre curiosité un peu plus loin pour profiter d’autres parcours délicieux qui s’offrent à vous, comme celui des produits gastronomiques et artisanaux, notamment celui du pain et des viandes fumées du Butcher, Baker and Winemaker Trail ou celui du fromage proposé par le Barossa Cheese and Wine Trail. Une multitude de routes que vous pourrez découvrir en faisant une halte au Barossa Wine & Visitor Center de Tanunda. Autre étape immanquable, le Barossa Vintage Festival (en 2017 du 19 au 23 avril), 5 jours de culture, bouffe et vins de la Barossa.

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L’autre visite incontournable est surement celle de Penfolds, racheté en 2011 par le groupe australien Treasury Wine Estates, un mastodonte du secteur, qui a injecté de nouveaux capitaux pour la modernisation des installations mais aussi pour la « remise » en avant de la marque qui cultive depuis et plus que jamais son image haut de gamme.

« Chaque nouveau Grange est le plus cher des Grange », voici en quelques mots le résumé du parcours de Peter Gago, le winemaker historique de Penfolds (plus de 20 ans de boite). Lui, comme la marque qu’il incarne, savent faire parler d’eux. Prenons l’exemple du tout dernier lancement, une série de 19 cuvées étalées sur 5 millésimes, une collection qui a donné lieu à une salve d’événements en 2016 dont il a été le maitre d’orchestre, entre dégustations, conférences, diners de gala partout dans le monde. Plus toutes les présentations aux « professionnels », équipes de brand ambassadors et vendeurs, comme celle faite à Bordeaux en octobre dernier pour les équipes de mon bureau à Millésima et dont je garde un souvenir épique!

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Le domaine historique se trouve à Magill Estate, aujourd’hui rattrapé par les constructions de la banlieue chic d’Adelaïde, mais leur vignoble le plus prestigieux se trouve dans la Barossa à Kalimna Vineyard planté dès 1945. La plupart de leurs vignes se trouvent donc en Australie méridionale, comme celles des terres rouges de Coonawara acquises en 1960 ou encore celles de Port Lincoln et Langhorne Creek, mais la firme a aussi un pied en Nouvelles Galles du Sud et dans l’Etat de Victoria. Elle se développe aussi en Tasmanie, cette immense île au sud de l’Australie que le réchauffement climatique rend de plus en plus attractive car la terre y est plus froide. Tous ces paysages du bout du monde sont travaillés par des véritables pionniers qui vivent en communauté dans ce tapis de petits villages dont je vous parlais en début d’article et qui parfois compte moins de 30 habitants. Ce sont eux qui travaillent les terres qui sont tour à tour rafraichies (parfois gelées) par les courants du sud, ensuite brulées et desséchées par les vents venus du désert intérieur.

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Pour la petite histoire, Penfolds a été créé en 1844 par le docteur Christopher Rawson Penfold et sa femme Mary, des colons anglais débarquées en Australie pour fuir leur pays natal et les dettes qu’ils y avaient accumulé. Ensemble ils se lancent dans la production de vins médicinaux et de tawny très en vogue au 19e siècle. Pendant que Madame gérait le domaine, Monsieur prescrivait massivement son vin remède, une belle réussite ! Mais l’histoire récente du domaine doit beaucoup à un certain Max Schubert. En 1948, cet assistant winemaker, est envoyé en Espagne pour étudier les sherrys et en profite pour séjourner en France. Il découvre alors comment les châteaux bordelais font vieillir leurs vins dans des petites barriques en chêne et adapte, à son retour, cette technique au Shiraz jusqu’à lors dévolu au vin muté. Il le fait fermenter en bois et obtient ainsi un vin intense, structuré et parfumé. Il le baptise Grange en l’honneur du cottage de la famille Penfold sur le domaine.

Le succès a été long à venir mais maintenant le prix de cette cuvée rivalise avec ceux des grands Bordeaux et Grange n’est pas le seul cru de Penfolds à voir ses prix s’envoler. Les récents millésimes du chardonnay Yattarna ou du Shiraz St Henri dépassent tranquillement la barre des 100 dollars.

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Penfolds fait parler de l’Australie, c’est là leur mérite numéro un, surtout pour un pays qui a connu un vrai emballement dans les années ’80 mais qui, après une crise de surproduction, stagne depuis trop longtemps. Ce pays comptait il y a 30 ans plus de 8500 viticulteurs, contre 6000 à aujourd’hui. Pour certains, l’Australie aurait raté le tournant de la montée en gamme mais avec ses collections de vins « star » Penfolds veut prouver le contraire.

Je suis sure que comme moi, vous vous êtes déjà interrogés sur leurs étiquettes avec des noms à coucher dehors : Bin 144, Block 42 ou RWT… mais elles trouvent toutes leur origine au sein du domaine historique de Magill Estate. Les premiers chais étaient composés de longs tunnels sous-terrains qui accueillaient les bouteilles des récoltes successives dans différents alcôves numérotées. Le vin prenait donc naturellement le nom de son compartiment : Batch Identification Number ou BIN. Le Block lui évoque la parcelle dont provient le raisin et enfin le RWT, Red Winemaking Trial, signifie que le raisin provient d’une seule région.

La législation locale est ultrasouple, question dogmes et traditions et la créativité des australiens s’exprime pleinement en viticulture avec de nouvelles plantations et choix de cépages. Penfolds fait donc figure aussi de grand sorcier vigneron, capable non seulement de jouer avec les cépages, mais aussi de composer les crus issus de différentes parcelles et régions. Car si les raisins sont toujours pressés sur place, les jus eux peuvent voyager en camion, avion, sous forme de mout…à des centaines de km pour composer les 45 vins de la gamme Penfold’s.

Les Carmes Haut Brion, la cave qui transcende ses semblables

Existe-t-il-il-il UNE cave design? LA cave design?

Est-elle plus qu’un mirage lustré, plus qu’une projection fantasmatique?

Parmi un buisson de nouvelles construction bordelaises, j’ai trouvé MA cave design, celle qui transcende et synthétise ses semblables. Elle est de métal et béton, entourée d’eau pour mieux en refléter l’émerveillement du visiteur , enchâssée dans la ville de Bordeaux (20 rue des Carmes) et elle incarne une âme dans un corps structuré par le créateur Philippe Starck et l’architecte Luc Arsene-Henry.

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Pour les uns il s’agit d’une jolie fardée, pour d’autres elle est un trottin à l’œuvre. Pour moi, avant aujourd’hui, il s’agissait d’un mirage, trop belle pour être vraie. Mais en vrai?

En vrai, elle est un aimant qui attire les hommes, lascive, succube, on la regarde comme on contemple les nuages, chacun y lit une incarnation vaporeuse de ses propres rêves, elle échappe au temps.

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En vrai, c’est une lame dont le regard tranchant a l’air de faire quelque chose de plus que de vous regarder…

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En vrai, c’est une cave urbaine qui se visite: sur réservation par téléphone au 05 56 93 23 40.

TARIF (visite de 1h30 avec dégustation des 2 vins rouges du domaine en appellation Pessac-Léognan majoritaires de Cabernet Franc dans l’assemblage, assez unique à Bordeaux pour être souligné)  :
Groupe jusqu’à 4 personnes : 30€ TTC/pers
Groupe de 5 à 10 personnes : 25€ TTC/pers

Pour tout savoir sur l’histoire du château des Carmes Haut-Brion, vous pouvez bien évidemment consulter leur site http://www.les-carmes-haut-brion.com/

Ou alors, lire l’article de “Les Itinéraires de Charlotte”, le blog qui vous parle du vignoble autrement: http://www.lesitinerairesdecharlotte.fr/chateau-les-carmes-haut-brion/

 

Like Christopher Columbus, I left Palos de la Frontera…

By the time you read this, I’ll be on my way for a 3 months wine journey in #AustralAsia, but before heading to the Barossa Valley, I visited old friends in Spain near the town of Toro and the Duero river.

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I used to work in the area when I was in charge of the mkg dept. for François Lurton – Bodega Lurton – located on a wide plateau above the river, made of a deeply gravelly, sandy soil with big rusty-coloured rounded stones. These stones are highly reflective and the gravelly soils are well-aerated. The altitude is between 700m to 800m above sea level. All of these factors lead to the production of a very high quality of grapes with optimal ripeness and concentration but with an element of freshness. The location of the nearby Duero River has a positive influence on the plots helping to temper any extreme summer temperatures.

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But, at that time, we didn’t reinvent or redesign a wine space. Today a miracle has taken place in Valdefinjas, another little village in Castile-León : Under the vast sky, wine emerges from the depths of the earth. As if by magic, three bottles are raised by an astonishing sculpturecum-portico. The bottles contain a rare wine: Termanthia, made with grapes from the best vineyard in the Toro appellation. This wine packed with sun and intense aromas, of which no more than 6,000 bottles are produced each year, is made by Bodega Numanthia, an estate owned by the Moët Hennessy group.

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When major wine and spirit brands contact designers, it is generally to ask them to redesign packaging, more substantial collaborations are few and far between. For a long time this was the case for 5.5 designers agency but Bodega Numanthia came along at just the right moment.

When Christopher Columbus left Palos de la Frontera in 1492 to look for a new route to the Indies, he loaded wine from Toro on his caravel. When phylloxera destroyed most of the vines in Europe in the 19th century, the Tinta de Toro varieties were the only ones that withstood the attack. Wine lovers will be familiar with the legend of this unique wine, made with grapes from original vines, some of which are 140 years old. The resistance of these vines is due to the fact that they have deep roots to obtain the nutrients they need. They draw moisture from a depth of between 2.5 and 3 meters.

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The Bodega Numanthia vineyard consists of several small plots that all lie some distance from each other. This vineyard is very unique and now symbolized with a work that makes a poetic link between man and nature.

By Numanthia’s wines at Millésima : http://www.millesima.com

 

L’Australie du futur sera une mosaïque raffinée

Il vous faut abandonner le stéréotype du vin de masse et des rouges musclés durant cet entretien que j’ai eu avec Brian Walsh, Président de Wine Australia et son collègue Walter Speller qui a suivi le projet Italian Grape Varieties.

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« Notre objectif est celui de changer la perception du public qui pense que l’Australie vend uniquement des vins pas chers et cuits par le soleil à la grande distribution. Aujourd’hui nous misons sur une tranche de consommateurs plus avertis et à gagner la confiance des sommeliers avec des vins surprenants qui expriment leur terroir d’origine ».

awbcVoici le tableau, nettement différent, que nous pourrons admirer d’ici quelques années selon Brian Walsh, Président de Wine Australia et aussi responsable technique de Yalumba, la plus ancienne des maisons viticoles familiales australiennes.

Quelles stratégies ? Plus de qualité et de terroir.

On compte aujourd’hui 65 zones viticoles en Australie, desquelles 30 jouissent d’un climat plus frais qu’à Bordeaux. Il ne faudra donc pas s’étonner si la métamorphose citée ci-dessus finira par aboutir. Le nouveau plan stratégique jusqu’en 2020 prévoit des investissements à hauteur de 175 millions de dollars australiens (soit 126 millions d’euros) et l’organisme qui s’y consacre est bel et bien Wine Australia, fondé en 2013, presque à cheval entre ces deux très différents paradigmes stratégiques. D’où peut-être, la décision d’atteindre deux objectifs ambivalents : le premier est celui d’augmenter le prix moyen (se référer à la « premiumization » dont on parle beaucoup dernièrement), le deuxième est celui d’être encore plus compétitifs dans la tranche des “entry level”.

3 les fonctions de cet organisme, qui jouit de financements publics et privés selon la règle très sensée du « 1 dollar public pour 1 dollar privé » : la promotion (avec 7 millions de dollars annuels), la recherche&développement (avec 25 millions) et la réglementation.

Concernant la recherche, l’attention est tournée principalement vers le problème du « smokey taint » soit le gout de bois brulé que l’on retrouve dans le vin à cause des nombreux incendies qui étouffent les vignes, mais la recherche regarde aussi aux formes d’élevage les plus adaptées à la viticulture locale ou bien aux levures à sélectionner pour les fermentations à haute température. Il me parait évident que Brian parle encore des zones les plus chaudes où se concentre la majeure partie de la production.

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Nous essayons des variétés classiques mais aussi des cépages “confidentiels”.

Notre dialogue continu en évoquant le récent intérêt des œnologues australiens pour les cépages autochtones italiens. Brian nous confirme que « les producteurs sont en train de chercher des variétés plus adaptées au climat et vue qu’en Australie nous n’avons pas un système de réglementation aussi rigide qu’en France ou en Italie, les producteurs sont libres de tout essayer. Il s’agit tout de même d’une petite niche encore, exception faite pour le phénomène Pinot Grigio ».

Les perspectives sont en train de changer, il s’agit maintenant de donner plus d’importance aux zones viticoles qu’aux cépages, mais le changement de la base ampélographique d’une zone n’est pas chose simple, il ne suffit pas de planter de l’Aglianico à la place du Cabernet même si le premier résulte plus adapté.

On peut aussi se rendre compte des changements de style en cours sur une base plus classique, celle da la Shiraz par exemple, qui se présentait robuste dans la Barossa Valley et qui aujourd’hui présente des notes plus fraiches et poivrée sur des zones émergentes telles que Heathcote (Victoria) ou Canberra (New South Wales). Ou bien encore le Grenache qui passe d’un style très Rhône à des vins si clairs et élégants qu’ils rappellent le Pinot Noir.

Nos autochtones supportent bien le chaud et la sècheresse.

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Le deuxième Cicéron de ce voyage est Walter Speller, le correspondant en Italie de JancisRobinson, qui a suivi en détail le programme Italian Grape Varieties in Australia voulu par l’association 21st Century/Vino qui encourage le développement de l’œnologie australienne en délaissant l’approche plus homogène qui voit toujours au premier plan cette même poignée de cépages français plantés un peu partout dans le monde et se tourne vers des choix moins évidents, plus régionaux et médités. En effet nous parlons là de cette fameuse niche précédemment citée, mais qui a de plus en plus d’autorité et dont certains sont même des extrémistes, des “left-field“, des progressistes ouverts à toute nouveauté.

Cette campagne de sensibilisation aux cépages autochtones italiens est conduite sur place par la famille Chalmers, le principal fournisseur de ces variétés avec une pépinière dans le Riverland et qui élève, distribue et promeut la biodiversité italienne. Il est évident qu’ils ont des intérêts purement économiques, mais cela n’enlève en rien à la qualité de certaines de leurs propositions.

Les Chalmers ont commencé en travaillant avec les pépinières coopératives de Rauscedo, le principal fournisseur italien de greffons (et l’un des plus gros au monde) dès 1980 en important en Australie les variétés italiennes. L’année 2009 fut fondamentale car à cause de la chaleur atroce, les cépages français souffrirent de sécheresse alors que les italiens (Vermentino, Sagrantino, Nero d’Avola) en ressortirent glorieusement. C’est à partir de ce millésime que les antennes des producteurs se sont dressées jusqu’à aboutir à des certitudes telles que le Fiano, connu désormais en Australie pour garder toute sa fraicheur et acidité, la poule aux œufs d’or dans certains climats.

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Avec lui nous dégustons 11 vins de « deuxième génération » issu de cépages/parents italiens mais né et élevés en Australie. Je termine donc ces entretiens en reportant fidèlement mes notes de dégustation sur des vins simples et très loin de nos styles européens et d’autres stupéfiants en attendant d’aller sur place dans moins d’un mois… #australiaimcoming !!!! (propos recueillis à Londres en Janvier 2017)

LES BLANCS :

Vigna Bottin, Vermentino 2014, McLaren Valley, South Australia : Fruité intense, pomme et poire, touche de vanille (bois). Légère oxydation et hydrocarbures. En bouche il est chaud et agréable mais il manque de structure et de corps. Finale toute sur la poire. 80/100

Luccio, Fiano Pikes 2015, Clare Valley, South Australia : Nez typique d’amende, poire et pierre à fusil. La bouche est pleine, ronde, équilibrée. 85/100

Chalmers, Fiano 2012, Heathcote, Victoria : produit à 250 mètres d’altitude. 30% barriques de deuxième passage, 70% inox. Levures indigènes et élevage sur lies pendant 9 mois + un an en bouteille. Le nez est légèrement réduit, notes de souffre sous lesquelles poussent les agrumes, zest de citron. La bouche est très fraiche. 90/100  

Crittenden Estate, Oggi 2012, Morning Peninsula, Victoria : assemblage de Friulano, Savagnin et Arneis. Nez de pèche, cire d’abeille et pierre à fusil. La finale en bouche est mielleuse. Il fermente en cuve ouverte via des levures indigènes sans contrôle de la température, ensuite il passe en barrique de deuxième passage pour un élevage sur lies de 10 mois. Loin des clichés. 92/100

Brash Higgins, Ricca Terra Farms ZBO Zibibbo 2014, Riverland, South Australia : le raisin est transporté sur plus de 500 km en camion réfrigéré, ensuite il fermente en amphore sur lies pendant 9 mois. Nez pyrotechnique, agrumes +++, écorce d’orange et rose. En bouche il marque par sa grande structure et chaleur mais bien équilibré avec l’acidité et les notes herbacées. 93/100

LES ROUGES :503710

Tscharke, Project Montepulciano, Marananga 2014, Barossa Valley, South Australia : fermentation spontanée des grappes entières en cuves ouvertes. Sans filtration et avec un ajout minimum de sulfites. Production = 1600 blles… Et là c‘est le terroir qui émerge, un Barossa à 100%, juteux, avec un nez confituré de cerise mais aussi des épices, balsamique, avec cette touche typique de cuir. 94/100

Fighting Gully Road, Sangiovese 2013, Beechworth, Victoria : Nez linéaire typique du cépage, terreux avec des notes de griotte. Frais en bouche, tannins souples et murs. Il n’a pas une grande profondeur mais il présente une touche australienne plutôt sympathique et fruité. 90/100

Pizzini, Forza di Ferro Sangiovese 2013, King Valley, Victoria : un deuxième Sangiovese en provenance cette fois de sols très riches en fer. Son caractère est plus évident que dans le précédent. Au nez il offre des fruits noirs, poussière de grès, cannelle. En bouche les tannins sont fins et bien définis. 92/100

Casa Freschi, Nebbiolo 2012, Langhorne Creek, South Australia : trop de caramel et de fruits mûrs, je crois que la bouteille a un défaut. 85/100

Brash Higgins, NDV Amphor Project 2014, McLaren Valley, South Australia : Un autre extrême, 180 jours sur les peaux pour cet Aglianico. La couleur est magnifique, au nez gingembre et rose, exotique, avec quelques notes de feuille de tomate, les tannins sont rustiques. En bouche il est très herbacé. 87/100

Amadio, Heritage Selection Sagrantino 2012, Barossa Valley, South Australia : Nez toasté, café au lait, vanille et caramel mou. Le cépage se révèle seulement dans la texture et la quantité de tannins qui rendent ce vin particulièrement riche en bouche mais très peu équilibré. 78/100

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Château Ferrière surgit à Margaux dans la volupté des inattendus

Surgi dans la volupté des inattendus, ce petit (20 hectares) grand cru classé de Margaux est ébouriffant de texture. Ses vignes longent celles du plus connu château Margaux et à l’ombre de ce monstre sacré, il fait figure d’un argot qui parlerait pointu.

15589938_10154958315122845_8008301064239323549_nLa biodynamie est ici une empreinte durable alors qu’en Médoc elle reste une école en devenir qui dépose, année après année, ses disciples. Elle n’en finit plus de faire style. Au château Ferrière elle m’a été dévoilée comme une intrigue, mutique ou précieuse, insondable ou hyper sensible, selon la disposition que l’on veut bien y mettre.

15589543_10154958420567845_8423051851503570868_nElle se transforme dans le verre en compositions qui haussent le ton, lisibles, tendues, toujours singulières mais désormais sorties des fougues de jeunesse, la bouse de corne est maitrisée.

15665947_10154958564897845_7581344597549269301_nIl y a du Monet dans cette façon impressionniste de saisir le gout et les couleurs du Cabernet, Merlot et Petit Verdot, une œnologie du sensible, pour ne pas dire du paysage.

15697556_10154959419422845_6579069577609898322_nAssez rare pour le souligner, dans la première division du Bordeaux qui s’ouvre à l’oenotourisme, la visite du château Ferrière est SANS RDV. Sophie Pagis fera trémousser vos petits becs au contact de cette vieille France médocaine qui gentiment se remastérise.

Contact : (en plein centre du village de Margaux) 05 57 88 76 65 www.ferriere.com

Atelier d’architecture Fabien Pédelaborde;  pour découvrir d’autres réalisations : http://www.atelier-architecture-fabien-pedelaborde.fr/

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A 17 ans, je rêvais d’un joueur de basse dans un groupe de rock, de cigarettes fumés en bas de mon immeuble, de bande de potes, de regards furtifs, d’un corps qui était inapproprié pour toute chose, de musique le volume à fond, du désir d’arriver au bout de la journée pour le voir lui, supplier ma mère pour que je puisse aller en boite et le rencontrer, juste pour lui dire « Eh, Salut ».

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A 26 ans je voulais une chanson et une dédicace à la radio pendant que la pluie rythmait mes nuits, je voulais que l’avion soit bloqué à la dernière minute per revenir dans ses bras, je voulais le cadeau parfait, la vie parfaite avec une belle maison, des enfants qui courent partout, je voulais un jardin, l’amour, un «  lui » tendre, gentil, attentionné, qui me ferait comprendre en deux secondes qu’il était l’homme de ma vie.

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Aujourd’hui, à 40, je ne désire plus rien de tout ça. Le corps change, le cœur change, la tête change et notre âme devient, comment vous dire, juste différente. Les rêves se transforment, les désirs aussi.

Je veux des petites paranoïas, le mauvais cadeau, les discussions sans drames, je veux le rencontrer à la moitié du chemin avec ses faiblesses. Je veux la sérénité d’une accolade qui sent bon mon chez moi. Savoir que malgré le travail, les ex, les enfants, on sera là l’un pour l’autre. Mais pas pour toujours, juste pour cet instant de vie que nous avons ensemble. Bref, je ne veux pas un conte de fée, je veux du quotidien.

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Du style, avoir un homme qui se réveille tôt le matin pour aller travailler, qui prend sa douche en embuant la salle de bain et qui sent bon le savon que je lui ai choisi. C’est exactement à ce moment-là, quand l’air du matin est encore fraiche, que je me lève les yeux mi-clos, nu pieds, pour me faufiler sous la douche en le serrant dans mes bras par derrière, en posant ma tête sur son dos pour dormir encore quelques secondes. Ensuite je guette les baisers au café et de pouvoir retourner dans le grand lit pour dormir de son côté, vide, encore un peu. A 40 ans c’est ce dont je ne veux pas manquer. Pas d’un conte de fée, mais le quotidien d’un amour.